Le Mahabharata

Tout comme les Yoga-Sutras, le Mahabharata est un texte écrit dans l’Antiquité indienne. Il s’agit d’une histoire versifiée, comme on le retrouve dans la poésie, et c’est sans nul doute le texte fondateur de la culture indienne. Poème épique narrant de hauts faits guerriers entre deux les clans Pandava et Kaurava d’une même famille, le Mahabharata devient essentiel lors de la bataille de Kurushetra, et au cours de laquelle le serviteur Krishna révèle toute son importance. L’un des frères Pandava prend en effet conscience de l’absurdité du conflit l’opposant avec une partie de sa propre famille et refuse de s’y rendre. Krishna, en réalité l’incarnation du dieu Vishnou, dieu de la conservation du monde, lui explique la nécessité d’aller au conflit: « Fais ce que tu dois faire mais ne t’assimile jamais à ce que tu fais. »

Cette recommandation du dieu dissimulé sous la forme d’un serviteur est essentiel dans la culture indienne. « Tout » a un ordre donné dans l’univers, chaque être humain compris. La situation est d’autant plus avérée grâce au système des castes. L’assertion de Vishnou prévaut pour la réalité professionnelle, autant que pour la pratique personnelle du Yoga. Quelle que soit notre niveau d’évolution, la qualité des efforts prévaut sur la qualité du résultat, et ce, quelle que soit l’Asana réalisée, quelle que soit notre niveau d’ouverture dans l’Asana.

Le Mahabarata relate l’histoire de la grande famille de l’humanité, à tel point qu’on ne sait plus qui a commis la faute originelle. Ne suffirait-il pas de pardonner pour ne pas commettre le conflit? Encore faut-il pouvoir commencer à se l’autoriser pour soi et avec bienveillance…

Yoga-Sutras

Les Yoga-Sutras constituent une sorte de carnet de prières, composé par l’auteur ou groupe d’auteurs Patanjali. Le terme « Sutra » peut-être traduit par aphorisme et celui de « Yoga » par union, mais aussi joug. Terme à terme, les Yoga-Sutras constituent une union, voire une réunion d’aphorismes. L’image d’un collier de perles qu’on fait passer entre ses doigts semble convenue pour tout Yogi cherchant à mettre sous le joug ses perturbations mentales. La version éditée chez Albin Michel et traduite du sanscrite par Françoise Mazet figure dans la collection « Spiritualités vivantes ». L’ouvrage se décompose en plusieurs sections progressives, de la définition même du Yoga à une pratique de contemplation intérieure en passant par des méthodes afin de tendre vers celle-ci. Les sections reprennent les différentes étapes décrites par B.K.S Iyengar dans son ouvrage L’arbre du yoga afin d’améliorer l’état du mental: l’observation pour permettre de développer son attention, la concentration pour s’orienter vers un état d’unité et enfin, la méditation pour vivre intensément le moment présent.

L’Arbre du yoga

L’ouvrage L’arbre du Yoga présente la discipline millénaire qui a bouleversé et traversé la vie de son auteur, B.K.S Iyengar. Guru formé voire forgé selon des pratiques rigoureuses à la cour impériale après une enfance précaire (il a souffert de maladies multiples comme le typhus ou bien encore la malaria), B.K.S Iyengar est devenu mondialement connu, se rendant à travers les cinq continents pour dispenser ses enseignements, autant théoriques que pratiques.

Son ouvrage divisé en cinq parties explore différents aspects du Yoga. A travers le fil de la lecture, le corps du Yogi ( tout homme pratiquant du Yoga) ou de la Yogini (toute femme pratiquant du Yoga), est assimilé à un arbre, les jambes représentant les racines et les bras les branches. La métaphore filée de l’arbre chemine tout au long des deux premières parties, avant de rejoindre le concept de l’Ayurveda dans la partie centrale de l’ouvrage. On découvre ainsi que la matière du vivant est composée de cinq éléments: la terre, l’eau, le feu, l’air et l’éther; le corps humain compris. « Ayus » signifiant la vie et « veda » la science, l’Ayurveda désigne terme à terme la science de la vie. Il s’agit en réalité de la plus ancienne médecine traditionnelle au monde, fondée sur des recommandations de vie et touchant à l’alimentation, mais aussi à la pratique même du Yoga. En effet, les Asanas conseillées dépendent directement de la répartition des cinq éléments constituant chaque être humain. Dans l’avant dernière partie, B.K.S Iyengar nous invite à l’exploration de notre propre être intérieur, depuis des étapes successives: l’observation, puis la concentration et enfin la méditation. La méditation peut être considérée comme un stade d’émancipation spirituelle pour celui qui parvient à l’atteindre: le pratiquant réalise ainsi le Samadhi. Installé confortablement en Padmasana, la posture du lotus, le Yogi peut incliner légèrement la tête et conserver les yeux mi-clos. Seul l’instant présent compte. Le pratiquant réalise ainsi le Santosha, le contentement. La cinquième et dernière partie porte unr egard sur le Yoga en tant qu’art, en l’occurrence par sa transmission. La question auto-réflexive de la pédagogie est abordée, notamment à travers le voyage autour du globe de B.K.S Iyengar.

A travers L’arbre du Yoga, on retient de B.K.S Iyengar une personne qui livre son parcours de vie autant que son savoir avec sagesse et humilité. Le destin exceptionnel d’un enfant d’un village pauvre transparaît dans un grand rapport d’authenticité.

Puisse le public cueillir les fruits de l’arbre du Yoga planté par B.K.S Iyengar.

Les grands gurus

Si le terme Guru est déprécié en Occident et est associé à des pratiques en dérive, il est à l’inverse valorisé en Inde puisqu’il renvoie à l’idée d’un maître « source de toute connaissance ». Le choix d’un Guru est une étape importante pour tout élève pratiquant de Yoga. L’une des conditions préconisées est que le Guru doit toujours laisser libre son élève de venir à lui ou pas. L’histoire de vécu du Guru, sa disposition énergétique, les affinités qu’il présente lui-même avec différentes familles de postures entrent en ligne de compte de manière essentielle.

Le style de Yoga choisi a aussi son importance: préférez-vous un Yoga dynamique, allant dans le sens du mouvement et qui vous dépense comme le Ashtanga Yoga, ou bien un Yoga plus rigoureux et orienté sur l’analyse et la stabilité des Asanas? Une seule séance d’essai peut ne pas suffire pour réaliser son choix. Montrez-vous doux et délicat envers vous-mêmes avant de faire votre choix.

Vous découvrirez dans la section présente quelques lignes biographiques des plus illustres Gurus de la tradition et de l’histoire du Yoga.

Bellur Krishnamachar Sundararaja Iyengar

De son vivant, B.K.S Iyengar a connu une enfance extrêmement malheureuse à Bellur en Inde. Abandonné par son père, il connaît une enfance difficile avec de nombreuses maladies. Sa grande soeur rencontre un prince à la cour impérial et s’en rapproche sur le plan sentimental. Observant la santé précaire de son beau-frère, le prince propose à ce dernier de le suivre à la cour du palais afin de suivre un programme d’entraînement physique réservé aux princes. B.K.S Iyengar y découvre Sri T. Krishnamacharya, qui relate les débuts de sa nouvelle recrue de façon catastrophique. Ce n’est que lorsque l’un des meilleurs élèves de Sri T. Krishnamacharya disparaît du jour au lendemain que B.K.S. Iyengar se voit contraint de d’improviser un show de yoga, comme s’ils ‘agissait d’une démonstration dansée, sous les yeux de son Gourou. Le résultat est passable! Suite à son enseignement au près de son gourou, B.K.S. IYengar va traverser une période d’auto-formation très intense, caractérisée par des horaires contraignants ainsi que apr l’emploi de nombreux supports comme des cordes ou bien encore des briques. Guru reconnu à l’échelle mondiale au vingtième siècle, B.K.S Iyengar a formé de nombreux professeurs comme J. Krishnamurti ou encore Jayaprakash Narayan. Son institut, le RIMYI, accueille des étudiants venus des 4 coins du monde, comprend plus de 8000 ouvrages sur le Yoga. Quant à BKS Iyengar, il n’a pas été institué dans un quelconque but lucratif. Non loin du RIMYI, il a continué à vivre avec sa famille en toute humilité…

Tirumalai Krishnamacharya

Sri T. Krishnamacharya est le nom d’un professeur de philosophie qui enseigna le yoga à la famille royale ainsi qu’aux habitants du Yoga. Sa technique d’enseignement reposa sur une alliance du Yoga et de l’Ayurvéda. Le début de son prénom, « Krishna », renvoie au héros le plus célèbre de la mythologie hindoue. Pourtant, que ce soient de ses origines familiales ou bien de son expérience acquise, Krishnamacharya n’est jamais entré dans un culte du prestige, se satisfaisant lui-même d’une vie très humble avec sa famille tout en servant fidèlement la famille royale.

Patanjali

Patanjali serait le nom d’un sage qui aurait vécu au 2ème siècle avant Jésus Christ. L’anonymat étant l’une des caractéristiques des grands sages de l’Inde ancienne, il serait cohérent d’en savoir aussi peu sur cette personne prolifique. Certains chercheurs pensent même que le nom de Patanjali désigne un ensemble de personnes ayant propaagés la philosophie du Yoga.

Patanjali est l’auteur du célèbre ouvrages d’aphorismes Les Yoga-Sutras, mais aussi d’un traité de médecine. Ses Sutras, sortes d’aphorismes, ont permis d’instituer les « Huit membres du Yoga » actuels, parmi lesquels figurent les Asanas.

Shavasana

Shavasana désigne « la posture du cadavre » et constitue la posture finale d’une séance de Yoga. Pour entrer dans la posture, on s’allonge au centre de son tapis de Yoga, bras et jambes légèrement écartés du corps. On peut ensuite poser les mains sur le sol, paumes vers le ciel et déposer le poids du corps. Bien qu’apparemment simple d’un point de vue extérieur, l’Asana est sans doute la plus compliquée.

Toutes les expériences accumulées au cours de la vie se déposent dans notre corps physique, qu’il faudra laisser derrière nous au moment de la mort. Dans la mythologie indienne, le cadavre est associé à Shiva, ce dieu qui représente la pure conscience reposant en elle-même, qui ne devient perceptible que lorsqu’elle s’unit à Shakti, la force créatrice féminine. Cela signifie que la conscience ne peut pas faire l’expérience d’elle-même, mais qu’elle a besoin pour cela de tout ce qui a été créé: la mémoire, les sens, les organes des sens, le système nerveux, avec le cerveau en tant qu’organe ou traitant les perceptions des sens.

La posture du cadavre apprend au corps physique à devenir lourd et immobile, et à l’être intérieur à devenir plus vivant que jamais. Peut-être sentirez-vous même l’aura énergétique de ce que vous avez traversé au cours de la séance flotter juste au-dessus de votre corps physique.

Shavasana constitue l’aboutissement à toute séance de Yoga, comme à toute vie humaine.

Padmasana

Padmasana signifie littéralement la « posture du Lotus ». Tout comme Adho Mukha Shvanasana, il s’agit d’une des postures les plus importantes et les plus utiles du Yoga. Pour entrer dans cette posture, il convient de démarrer assis sur le tapis avec les jambes allongées devant soi. On peut plier la jambe droite au genou qu’on place ensuite à la base de la cuisse gauche, le talon proche de l’ombilic. On plie ensuite la jambe gauche qu’on place à la base de la cuisse droite, le talon également proche de l’ombilic.

Dans cette Asana, les bas de jambe ne touchent plus le sol, nous invitant à renoncer aux possessions matérielles. Padmasana est l’Asana dépositaire d’une détente méditative, comme Buddha le plus souvent représenté dans cette forme. Buddha est une personne ayant par la qualité de sa sagesse réalisé l' »éveil », c’est-à-dire atteint le Nirvana. Il est d’ailleurs désigné par d’autres qualificatifs dans la tradition hindoue comme « Le Bienheureux » ou bien encore « Celui qui a vaincu ».

Purvottanasana

Purvottanasana signifie littéralement « La Posture de l’étirement intense de l’Est. ». Pour rentrer dans cette posture, on se place au centre de son tapis, s’assoit sur les fesses et allonge les jambes devant soi. On pense à conserver la colonne vertébrale érigée. On place ensuite les mains à côté des hanches, les doigts pointés dans la direction des pieds. En prenant appui sur les mains et sur les pieds, on soulève le corps sur une expiration. Les bras et la jambes restent allongés.

Dans l’imaginaire, la partie antérieure du corps se tourne face au soleil levant, en direction de l’Est, chaque matin. De nouvelles possibilités peuvent ainsi émerger et nous orienter pour le restant de la journée…