Tout comme les Yoga-Sutras, le Mahabharata est un texte écrit dans l’Antiquité indienne. Il s’agit d’une histoire versifiée, comme on le retrouve dans la poésie, et c’est sans nul doute le texte fondateur de la culture indienne. Poème épique narrant de hauts faits guerriers entre deux les clans Pandava et Kaurava d’une même famille, le Mahabharata devient essentiel lors de la bataille de Kurushetra, et au cours de laquelle le serviteur Krishna révèle toute son importance. L’un des frères Pandava prend en effet conscience de l’absurdité du conflit l’opposant avec une partie de sa propre famille et refuse de s’y rendre. Krishna, en réalité l’incarnation du dieu Vishnou, dieu de la conservation du monde, lui explique la nécessité d’aller au conflit: « Fais ce que tu dois faire mais ne t’assimile jamais à ce que tu fais. »
Cette recommandation du dieu dissimulé sous la forme d’un serviteur est essentiel dans la culture indienne. « Tout » a un ordre donné dans l’univers, chaque être humain compris. La situation est d’autant plus avérée grâce au système des castes. L’assertion de Vishnou prévaut pour la réalité professionnelle, autant que pour la pratique personnelle du Yoga. Quelle que soit notre niveau d’évolution, la qualité des efforts prévaut sur la qualité du résultat, et ce, quelle que soit l’Asana réalisée, quelle que soit notre niveau d’ouverture dans l’Asana.
Le Mahabarata relate l’histoire de la grande famille de l’humanité, à tel point qu’on ne sait plus qui a commis la faute originelle. Ne suffirait-il pas de pardonner pour ne pas commettre le conflit? Encore faut-il pouvoir commencer à se l’autoriser pour soi et avec bienveillance…